Des câbles sous-marins aux conversations confiées aux IA, en passant par les casseroles des candidats, la journée dessine un même motif : ce que l'on croit privé finit toujours par être saisissable. Entre-temps, on aura parlé souveraineté, corruption et performances de modèles.
Il y a des journées où l'on croit feuilleter des sujets sans rapport, et où l'on découvre un fil unique. Aujourd'hui, ce fil est celui de la saisie : ce qui circule, ce qui se transmet, ce qui se conserve. Stéphane Morico ouvre le bal avec un thème de cyberdéfense et de hackers qui, à défaut de détails fournis, pose d'emblée la question de qui garde la main sur les infrastructures. Dima Rubanov enchaîne avec un constat sans fard, « Europe can't escape US tech » : la souveraineté numérique européenne se heurte à une dépendance qu'on ne décrète pas disparue. Et Le Monde, via l'entretien de Marie Baléo autour de « La Guerre silencieuse », rappelle que les câbles sous-marins sont devenus un enjeu géopolitique majeur. Trois entrées, une même réalité : les tuyaux comptent autant que les discours.
Le tuyau le plus intime, c'est peut-être celui auquel on pense le moins. Pierre Jean Duvivier dit Sage démonte avec précision l'idée que ChatGPT et Claude seraient des « balances » : non, pas de petit agent en imperméable qui appelle le fisc ; oui, des entreprises qui, entre janvier et juin 2026, ont divulgué du contenu chez OpenAI à la suite de 88 demandes gouvernementales, et deux demandes de contenu chez Anthropic au second semestre 2025. Sa formule mérite d'être retenue : une conversation peut être privée sans être secrète, exclue de l'entraînement tout en étant conservée, chiffrée tout en restant accessible à l'opérateur. Il précise n'avoir trouvé aucune preuve publique qu'une administration fiscale ait effectivement obtenu les conversations d'un contribuable, tout en soulignant que rien ne permet d'affirmer que ce serait impossible. Le point n'est pas le complot, c'est l'infrastructure juridiquement saisissable à laquelle des millions de personnes confient ce qu'elles réservaient à leur journal intime.
Cette confiance mal placée a un pendant économique. Jérémy Lacoste rappelle que 300 milliards de dollars sont dépensés chaque année en IA, dont la moitié provient uniquement de 2 % des entreprises : la concentration est le revers exact de la promesse démocratique. Julien Mutzenhardt pose la question de l'entreprise 100 % dirigée par l'IA, entre mythe et réalité, et l'on devine que la réponse tient moins au fantasme qu'à la répartition des tâches. Pierre Jean Duvivier dit Sage apporte, lui, des chiffres concrets avec un test sur OpenCode Go à 10 dollars par mois : six modèles confrontés à un script PHP consommant un XML de 100 000 entrées. GPT-6 Luna produit le code le plus resserré en 29 secondes pour 0,00156 dollar ; DeepSeek v4.1 Flash signe le script le plus rapide avec 528 000 entrées par seconde et 189 ms pour parser le fichier ; Claude Haiku 5.5 génère vite mais exécute moins vite ; Grok est très cher, vingt fois plus que DeepSeek, et arrive deuxième en performance. Sa conclusion est la plus utile : le modèle le plus cher n'est pas nécessairement le meilleur, et l'orchestration devient l'enjeu.
De la technique à la politique, le même mot revient : la casserole. Pierre Jean Duvivier dit Sage évoque Édouard Philippe et une possible histoire de pacte de corruption rapportée par le livre « Judith contre Goliath », autour d'un incubateur au Havre jugé problématique. Il rappelle lui-même la présomption d'innocence et que rien n'est prouvé, avant de proposer une règle de bon sens : ne pas laisser se présenter des gens qui traînent déjà des casseroles, citant Zemmour et les plaintes pour harcèlement sexuel le visant, Marine Le Pen et sa condamnation, Philippe et ces soupçons. Son argument n'est pas moralisateur mais professionnel : dans beaucoup de métiers, des soupçons graves suffisent à écarter un profil.
La corruption, justement, mérite mieux que le slogan. Dans une première publication, il souligne que les études montrent peu de liens entre rémunérations accordées et corruption politique, cette dernière étant permanente dans tous les systèmes, à quelques exceptions européennes comptées sur les doigts d'une main ; le pouvoir attirant des gens déjà mal centrés, mieux vaut éviter qu'ils y restent longtemps, ce qui est l'inverse de nos usages. Dans une seconde, il insiste sur le coût très pratique des malversations : marchés truqués, politiques publiques inefficaces, impôts qui bouchent les trous, mouvements sociaux faute de lignes budgétaires. Sa formule est nette : la probité, c'est 100 % ou 0 %. Il assume que ces arguments n'auront guère d'effet sur une partie des fans du RN, et le dit sans détour.
Le climat politique, du reste, ne se porte pas mieux que le climat économique. Jean-Michel Menant juge que « ce n'est plus admissible en cette époque » et pose la question du gaullisme au XXIe siècle face à des électeurs qui ne s'y reconnaissent plus. Agnieszka O. interpelle Marine Le Pen sur l'État de droit et son discours, sous le titre « Madame sans gêne ! ». Arnaud Touati, lui, formule une remarque qui vaut pour tous les camps : dès que vous êtes nuancé, on vous traite de lâche, alors que la véritable facilité, c'est la radicalité. Voilà une définition du courage intellectuel qui devrait être affichée dans les rédactions et les permanences.
Il faut ensuite aborder ce qui fâche. Pierre Jean Duvivier dit Sage revient sur les violences policières autour d'une jeune fille, au centre du déversement qu'il décrit, et rappelle l'éducation reçue : on ne bats pas une femme, même avec une rose. Il qualifie ces CRS de méprisables. Le même auteur rapporte qu'à Dijon, des milices d'extrême droite se tiendraient à côté de la police qui gaze les manifestants en face, et que ces scènes se seraient produites ailleurs en France ; il relie cela à l'affaire de Trappes, où le tueur ne serait pas considéré comme terroriste mais comme « fou » et ne serait donc pas jugé, et estime qu'à six mois de la présidentielle, le pays semble basculer. Ces affirmations sont les siennes et doivent être lues comme telles.
Sur Trappes toujours, il moque un RN « en roue libre » qui accuse l'État d'être derrière l'attentat, imaginant déjà un reportage de CNews trouvant le portrait de Macron sous l'oreiller du schizophrène. La formule est féroce, l'analyse sérieuse : accuser l'État sans preuve, c'est remplacer l'enquête par le récit. Et il complète son tableau par une pique sur les ministres improbables — Patrick Bruel à l'égalité homme-femme, Jean-Luc Lahaye à l'ASE — avant de s'étonner qu'on vote pour une délinquante condamnée pour fraude qui parle de ministère anti-fraude. L'ironie vise la situation, pas les personnes.
Reste l'économie, qui n'aime pas les tensions. Pierre Jean Duvivier dit Sage relaie Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, sur les actes de vandalisme et pillages ayant touché plusieurs magasins : pertes estimées entre 70 et 200 millions d'euros pour le trimestre par rapport aux prévisions, et vols portant surtout sur les alcools forts, loin du fantasme de la précarité alimentaire. Il en tire une lecture du « climat » économique, avec son effet autoréalisateur : le pessimisme entretenu tue la consommation, qui renforce le pessimisme. Il en profite pour égratigner Macron, dont il juge la gestion des conflits coûteuse, des Gilets jaunes au Covid en passant par les émeutes. Sur un autre registre, il note que Revolut a dépassé BNP Paribas, et que cela aurait été plus vite sans une régulation financière dont il estime qu'elle protège surtout les monopoles établis.
Il y a enfin la Suisse, où Pierre Jean Duvivier dit Sage s'interroge, avec une ironie appuyée, sur une demande de faillite « systématique » et sur d'éventuels entrepreneurs français importés qui haïraient trop les entrepreneurs. Tanguy Saïas, de son côté, annonce la fin de DesignSquad, son agence de design, dans un contexte où l'IA bouscule les modèles établis. Deux fins, deux façons de regarder le même mouvement : ce qui tombe n'est pas toujours ce qu'on croyait fragile.
La journée se referme donc sur une leçon assez peu commerciale : ce que nous croyons privé est saisissable, ce que nous croyons souverain est dépendant, ce que nous croyons performant est parfois le moins cher, et ce que nous croyons solide tombe. Il reste une constante, celle que Pierre Jean Duvivier dit Sage martèle à propos de la probité : elle est à 100 % ou à 0 %. Le reste, comme les câbles sous la mer, ne se voit que lorsqu'il lâche.
Mon bestiaire du jour
Les plumes et les voix croisées dans cette édition :
- Agnieszka O.
Madame sans gêne ! - Arnaud Touati
« Dès que vous êtes nuancé, on vous traite de lâche. Pourtant, la véritable facilité, c’est la radicalité. » - Dima Rubanov
"Europe can't escape US tech." - Jean-Michel MENANT
Ce n'est plus admissible en cette époque - Julien Mutzenhardt
🚀 Une entreprise 100 % dirigée par l'Intelligence Artificielle : Mythe ou Réalité ? 🤖 - Jérémy Lacoste
On dépense 300 milliards de dollars par an en IA. Et la moitié vient uniquement de 2 % des entreprises. - Le Monde
Autrice de « La Guerre silencieuse. Enquête sur les câbles sous-marins », Marie Baléo raconte, dans un entretien au « Monde », comment ces structures sont devenues un enjeu géopolitique majeur, et par - Pierre Jean Duvivier dit Sage
La demande de faillite est même systematique…les Suisses ont-t-ils importes trop de Français gauchistes qui haïssent autant les entrepreneurs ? · Au centre du déversement de violences gratuites des policiers, c'est bien une jeune fille. · ChatGPT et Claude sont des balances ! · À #Dijon, les milices d'extrême droite se tiennent à côté de la police, qui gaze les manifestants en face. · Le #RN en roue libre qui accuse l'Etat d'être derrière l'attentat à Trappes….. · Avec Patrick Bruel Ministre de l'égalité homme-femme et Jean-Luc Lahaye pour la réforme de l'ASE je suppose (Aide Sociale à l'Enfance). · Au passage, les études montrent aussi qu'il n'y a pas beaucoup de liens entre les rémunérations accordées et la corruption politique ; cette dernière est permanente dans tous les systèmes. (Il existe · Est-ce que tu as déjà regardé le code produit par ton LLM favori ? · Le champion de la droite — Édouard Philippe — se traîne une sale affaire, avec une possible histoire de pacte de corruption. · Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, revient sur les actes de vandalisme et les pillages qui ont touché plusieurs magasins du groupe. Il estime les pertes pour ce trimestre entre 70 et 200 millions d’ · Revolut a dépassé BNP Paribas. · Je sais que ces arguments n'auront aucun effet, car la majorité des fans du #RN ne veulent qu'une seule et unique chose : que Rachid parte de France avec Mamadou en mai 2027. - Stéphane Morico
cyberdivision - Tanguy Saïas
DesignSquad®, c’est la fin.
Synthèse éditoriale produite avec l’assistance de DeepSeek à partir des publications listées ci-dessus.

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