Repartage — contenu de Benoit Raphael
Une étude sur 12 000 salariés le montre : avec l'IA, on parle davantage à ses collègues. Bonne nouvelle ou piège ?
Des chercheurs de l'université Bocconi, à Milan, ont suivi les réunions, les appels et les courriels de 12 040 salariés d'une multinationale, pendant le déploiement de Copilot, l'assistant IA de Microsoft. Trois mois après avoir adopté l'outil, les utilisateurs passent une vingtaine de minutes de plus par semaine à échanger avec leurs collègues. Surtout en réunion et au téléphone.
Mais le vrai sujet, ce n'est pas tant le temps passé que les personnes avec qui l'on parle. Et surtout de quoi !
Les utilisateurs de Copilot travaillent avec près de trois collègues de plus qu'avant, des gens qui se connaissent peu entre eux.
Une autre enquête, menée par deux chercheuses de l'université de Berkeley (2026), l'a observé pendant huit mois dans une entreprise de technologie américaine. Des designers se mettent à coder. Des chercheurs prennent en charge des tâches d'ingénieur.
Imaginez ce que cela change dans une discussion : vous pouvez arriver avec une première maquette, un bout de code, une proposition que vous n’auriez pas su produire seul. Votre collègue a quelque chose à examiner, à discuter, à améliorer avec vous.
Mais cette même enquête montre aussi un véritable piège :
Les ingénieurs passent plus de temps à corriger le travail que leurs collègues ont fait avec l'IA. La machine produit plus vite que nous ne comprenons.
Si les vingt minutes de l'étude Bocconi servent à relire, vérifier ou corriger… le travail s'est simplement déplacé vers les autres collaborateurs.
Cela donne une question assez concrète à poser quand nous gagnons du temps avec l’IA : combien de travail reste-t-il à faire pour la personne à qui nous passons le résultat ?
Dites-moi ce que vous en pensez dans les commentaires.
Sources LinkedIn
- Profil : Pierre Jean Duvivier dit Sage (LinkedIn)
- Auteur partagé : Benoit Raphael (LinkedIn)

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