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Le piratage présumé de Binance, première plateforme mondiale d’échange de cryptomonnaies, atteint une ampleur inédite : 6,3 milliards de dollars d’actifs numériques auraient été détournés le 29 octobr

Repartage — contenu de Nicolas MARIOTTE

Le piratage présumé de Binance, première plateforme mondiale d’échange de cryptomonnaies, atteint une ampleur inédite : 6,3 milliards de dollars d’actifs numériques auraient été détournés le 29 octobre.

La société a suspendu temporairement les dépôts et retraits et promet d’indemniser intégralement ses clients.

Près de 3 milliards de dollars ont été immobilisés avec l’aide d’autres acteurs du secteur, mais une partie des fonds demeure hors d’atteinte.

Selon TRM Labs, spécialiste de l’analyse des transactions numériques, l’attaque serait imputable avec un degré élevé de confiance à TraderTraitor, groupe de pirates lié à la Corée du Nord.

Les mouvements observés sur dix chaînes de blocs suggèrent une compromission des dispositifs autorisant les transferts.

Binance évoque, à titre préliminaire, l’ordinateur piraté d’un ingénieur. La cause exacte reste à établir.

Le précédent est spectaculaire : en février 2025, Bybit avait perdu 1,5 milliard de dollars lors d’une attaque attribuée officiellement à Pyongyang par le FBI.

Selon Chainalysis, les pirates nord-coréens ont dérobé au moins 2 milliards de dollars en 2025.

Ces opérations constituent une source de devises pour un régime soumis aux sanctions internationales, notamment en raison de ses programmes militaires.

Mais les fragilités du secteur ne se limitent pas aux intrusions informatiques.

En 2023, Binance a reconnu aux États-Unis des violations des obligations de lutte contre le blanchiment et des sanctions économiques, acceptant 4,3 milliards de dollars de pénalités.

Son fondateur, Changpeng Zhao, a plaidé coupable, puis purgé quatre mois de prison avant d’être gracié par le président Donald Trump, lui-même engagé dans des activités particulièrement controversées liées aux cryptomonnaies, notamment à travers World Liberty Financial et le lancement de sa propre cryptomonnaie, $TRUMP.

Ces opérations ont généré des revenus considérables pour ses intérêts privés.

L’effondrement de FTX en 2022 relevait d’une autre logique : le détournement des dépôts de clients.

Son fondateur, Sam Bankman-Fried, a été condamné en 2024 à vingt-cinq ans de prison pour une fraude portant notamment sur plus de 8 milliards de dollars.

L’affaire Terraform Labs illustre encore un troisième risque : l’effondrement en 2022 des cryptomonnaies TerraUSD et Luna a effacé quelque 40 milliards de dollars de valeur.

Leur créateur, Do Kwon, a été condamné à quinze ans de prison en décembre 2025 pour fraude.

Ces affaires mettent en cause des défaillances différentes : sécurité informatique, gouvernance, conservation des actifs, transparence et contrôle réglementaire.

Elles soulignent surtout le décalage entre la promesse d’une finance décentralisée et la concentration effective des avoirs sur quelques plateformes privées.

La traçabilité des chaînes de blocs facilite l’identification des transferts suspects ; elle n’empêche ni le vol des actifs ni leur dispersion à travers les réseaux.

Sources LinkedIn

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