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Nous avons fait annuler un colloque raciste et xénophobe. Il a suffi que le juge fixe l’audience de notre référé-liberté.

Repartage — contenu de Samy DJEMAOUN

Nous avons fait annuler un colloque raciste et xénophobe. Il a suffi que le juge fixe l'audience de notre référé-liberté.

Le préfet, alerté depuis un mois, l'a interdit dans les heures qui ont suivi sa réception de ma requête. Il aurait pu le faire bien avant.

De quoi parle-t-on ? D'un « sommet international » sur la « remigration », organisé samedi par Polémia à la Maison des Arts du Plessis-Robinson, un équipement qui appartient à la commune. Son objet annoncé : l'expulsion des « non-Européens présents depuis deux ou trois générations sur notre sol ».

Les intervenants annoncés par Polémia elle-même en disent long :

→ Éric Zemmour, définitivement condamné à deux reprises en 2025 pour provocation à la haine et injure racistes, devait délivrer un « message vidéo exclusif de soutien » ;

→ Renaud Camus, condamné en 2014 et en 2022 pour provocation à la haine, devait dédicacer son livre. Pour Polémia, face à la « submersion migratoire », « il n'y en a qu'une (solution), la Remigration » ;

→ Jean-Eudes Gannat, reconnu coupable d'injure raciale par la cour d'appel de Rennes le 26 octobre, était annoncé comme « speaker ». Polémia le présente comme « condamné pour avoir simplement décrit la réalité ».

Le tout huit jours après l'attentat raciste de Trappes, dont l'auteur a reconnu avoir visé des personnes perçues comme musulmanes, africaines ou nord-africaines.

L'administration savait :

→ 29 septembre : le préfet de police est alerté ;

→ 27 et 28 octobre : le préfet et le maire sont saisis de demandes d'interdiction circonstanciées ; la mairie répond qu'« il n'est pas question » d'annuler ;

→ 28 octobre : je saisis le tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'un référé-liberté ;

→ 29 octobre au matin : l'audience est fixée au lendemain, 14 heures ;

→ 29 octobre à midi : la préfecture annonce l'interdiction.

Le droit ne laissait aucun doute. Le respect de la dignité de la personne humaine est une composante de l'ordre public (CE, Ass., 1995, Commune de Morsang-sur-Orge). Des propos incitant à la haine raciale peuvent justifier une interdiction « alors même qu'ils ne provoqueraient pas de troubles matériels » (CE, 9 novembre 2015, n° 376107).

Il aura fallu un juge pour que l'État fasse ce que le droit lui imposait déjà. Le pouvoir de police n'est pas une faculté qu'on exerce quand le contentieux devient inconfortable : c'est une obligation.

J'ai saisi le juge au nom de Clamart à Gauche, de Clamart Citoyenne et de sept habitantes et habitants du Plessis-Robinson. Merci à elles et à eux de m'avoir fait confiance.

https://lnkd.in/evqeuCpY

Sources LinkedIn

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