Eloge des plumes qui mordent
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Ce livre relit l’histoire intellectuelle européenne depuis ses zones de friction : il y suit le pamphlet comme un acte de rupture, une parole brève, souvent anonyme, conçue pour choquer quand le langage officiel devient complice ou anesthésiant. L’ouvrage montre que les idées transforment aussi les sociétés par ces brûlots fragiles, et que cette tradition ne naît pas seulement avec l’imprimerie : dès l’Antiquité, la satire, l’invective et le rire servent d’armes de démystification contre les puissants, les dogmes et les hypocrisies, révélant une lutte ancienne pour le contrôle du récit politique.
Description
Ce livre propose une traversée dense et polémique de l’histoire intellectuelle européenne en prenant le pamphlet non comme un simple genre littéraire, mais comme un geste de rupture, une prise de parole risquée face aux pouvoirs constitués. Il montre comment, de l’Antiquité à la Renaissance, des textes courts, violents, souvent anonymes, ont fissuré les récits officiels, exposé les hypocrisies dominantes et déplacé durablement les lignes idéologiques. L’ouvrage suit une filiation souterraine où la satire, l’invective et le rire corrosif deviennent des armes politiques à part entière.
On y croise Ménippe de Gadare, cynique railleur et fondateur insolent de la satire philosophique ; Diogène de Sinope, provocateur radical et ascète moqueur ; Éphippos d’Olynthe, pamphlétaire vengeur et démystificateur d’Alexandre le Grand ; Catulle, poète injurieux et irrévérencieux ; Martial, épigrammiste mordant et chroniqueur cruel des mœurs romaines ; Juvénal, satiriste indigné et dénonciateur de la décadence impériale.
Le Moyen Âge voit surgir Hugues de la Ferté, chevalier pamphlétaire et misogyne assumé ; Pierre Dubois, juriste agressif et polémiste d’État ; Grégoire VII, pape doctrinaire et théocrate inflexible ; Henri IV, empereur défiant et pamphlétaire institutionnel ; Pierre Crassus, clerc polémique et avocat de l’Empire ; Dante Alighieri, poète vengeur et juge eschatologique des puissants.
À la Renaissance apparaissent Thomas Murner, moine satiriste et caricaturiste féroce ; Sebastian Franck, mystique dissident et iconoclaste spirituel ; Marie Dentière, réformatrice audacieuse et pamphlétaire féminine ; aux côtés de figures d’arrière-plan comme Hans Denck, radical introspectif, ou Kaspar Schwenckfeld, spiritualiste intransigeant.
À travers eux, le livre montre que l’histoire des idées progresse aussi par l’excès, la colère et le rire, et que les sociétés se révèlent souvent davantage dans leurs pamphlets que dans leurs monuments.



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